Quand tu démarres en micro-entreprise, l'URSSAF est souvent ta première source de questions : combien vais-je payer, quand déclarer, et si j'oublie une échéance ? Bonne nouvelle, c'est bien plus simple qu'il n'y paraît. On t'explique tout, clairement et sans jargon, avec les chiffres à jour de 2026.
L'URSSAF, c'est l'organisme qui collecte tes cotisations sociales. En micro-entreprise, tu relèves du régime micro-social simplifié : tes cotisations sont calculées en appliquant un pourcentage fixe directement sur ton chiffre d'affaires encaissé.
L'avantage est énorme : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations. Si tu ne factures rien sur une période, tu ne paies rien (mais tu dois quand même faire ta déclaration, on y revient plus bas).
Ces cotisations financent ta protection sociale : assurance maladie et maternité, retraite de base et complémentaire, allocations familiales, invalidité et décès, plus la CSG-CRDS. En revanche, elles n'ouvrent pas de droit au chômage.
Le tout se déclare et se paie au même endroit : le portail autoentrepreneur.urssaf.fr (ou l'appli mobile AutoEntrepreneur Urssaf).
Le taux appliqué dépend de la nature de ton activité. Voici les taux en vigueur au 1er janvier 2026, appliqués sur ton chiffre d'affaires brut encaissé :
| Type d'activité | Cotisations sociales | Formation (CFP) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 0,1 % |
| Prestations de services BIC (commercial, artisanal) | 21,2 % | 0,1 % à 0,3 % |
| Profession libérale, régime général (BNC) | 25,6 % | 0,2 % |
| Profession libérale Cipav | 23,2 % | 0,2 % |
Deux points à retenir pour 2026. Si tu es en profession libérale BNC (consultant, formateur, développeur, graphiste, rédacteur...), ton taux a augmenté au 1er janvier 2026, passant de 24,6 % à 25,6 %. Cette hausse fait partie d'une réforme progressive lancée en 2024 pour renforcer ta retraite complémentaire : tes cotisations plus élevées te font aussi accumuler plus de points, ce n'est pas de l'argent perdu. À l'inverse, les taux de la vente et des prestations de services BIC n'ont pas bougé.
À ces cotisations s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), prélevée automatiquement avec chaque déclaration. Elle finance tes droits à la formation.
Tu choisis la fréquence de ta déclaration à la création : chaque mois ou chaque trimestre. Cette option est modifiable une fois par an. La déclaration mensuelle lisse ta trésorerie et évite l'effet "grosse facture" du trimestre. La trimestrielle réduit le nombre de démarches mais concentre le paiement. Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, ça dépend surtout de ta discipline de trésorerie.
Les échéances trimestrielles tombent fin janvier, fin avril, fin juillet et fin octobre.
Après ton immatriculation, un délai d'environ 90 jours s'applique avant ta première déclaration. Tu ne paies rien pendant cette période, mais le chiffre d'affaires réalisé sera déclaré rétroactivement lors de la première échéance. Exemple : immatriculé le 15 janvier 2026 en déclaration mensuelle, ta première déclaration a lieu fin avril 2026 et couvre la période du 15 janvier au 31 mars.
C'est l'erreur la plus fréquente : même sans aucune recette, tu dois déclarer 0 €. Ne rien déclarer expose à une pénalité, alors que déclarer zéro ne te coûte rien. L'absence de déclaration n'équivaut pas à une déclaration à zéro.
Le calcul est direct : chiffre d'affaires encaissé × taux = cotisations dues. Aucun abattement préalable, le taux s'applique sur le brut.
Tu encaisses 3 000 € sur un mois : 3 000 × 25,6 % = 768 € de cotisations. Il te reste 2 232 € avant impôt sur le revenu.
Tu déclares 5 000 € sur un trimestre : 5 000 × 25,6 % = 1 280 € de cotisations.
Tu encaisses 10 000 € sur un trimestre : 10 000 × 12,3 % = 1 230 € de cotisations.
La bonne habitude : mettre de côté le pourcentage dès l'encaissement de chaque facture, sur un compte ou un sous-compte dédié. Le jour de l'échéance, l'argent est déjà là et le choc de trésorerie disparaît.
L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) te permet, si tu es éligible, de réduire tes cotisations sur les 4 premiers trimestres civils d'activité (environ 12 mois).
Changement important en 2026 : jusqu'au 30 juin 2026, l'exonération est de 50 % des cotisations. À partir du 1er juillet 2026, elle passe à 25 % (le taux minoré passe de 50 % à 75 % des taux habituels). Ta date de démarrage change donc directement le montant de ton avantage.
Point crucial : l'ACRE n'est pas automatique. Tu dois en faire la demande auprès de l'URSSAF au moment de la création, en cochant la case dédiée dans le formulaire du guichet unique.
Par défaut, ton chiffre d'affaires est soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif, après un abattement forfaitaire (34 % en BNC, par exemple). Tu peux opter pour le versement libératoire : l'URSSAF prélève alors l'impôt en même temps que tes cotisations, à un taux fixe qui s'ajoute :
| Activité | Taux versement libératoire |
|---|---|
| Vente de marchandises | 1 % |
| Prestations de services BIC | 1,7 % |
| Profession libérale (BNC) | 2,2 % |
Cette option est réservée aux personnes dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain plafond. Elle est intéressante si tu es imposable, beaucoup moins si tu ne l'es pas (dans ce cas, tu paierais un impôt que tu n'aurais pas eu à régler). C'est une décision à trancher au cas par cas selon ton foyer fiscal.
Trois réflexes suffisent à rester tranquille : déclarer dans les temps, provisionner à chaque encaissement, et ne jamais sauter une déclaration (même à zéro). En cas de manquement :
L'URSSAF ne gère que tes cotisations sociales (et, si tu l'as choisi, le versement libératoire de l'impôt). Deux autres prélèvements existent en parallèle :
La logique à retenir : URSSAF pour le social, impôts pour la fiscalité, deux circuits séparés.
Suivi de ton chiffre d'affaires, calcul de tes cotisations en temps réel, rappels de chaque échéance : Gérer Ma Micro s'occupe du stress administratif pendant que tu développes ton activité.
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